BICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE JOSEPH GARIBALDI
NICE 1807 - 2007
A l'occasion du bicentenaire de Joseph GARIBALDI, Nice a fêté et honoré Joseph GARIBALDI le mercredi 4 juillet 2007 en présence de nombreuses autorités françaises et italiennes.
09h30 : La Musique de la Légion Étrangère se positionne sur la place Garibaldi.
10h00 : Dépôt d’une gerbe commune devant la statue de Garibaldi par les autorités françaises et italiennes. Puis 10h30 : Formation du cortège et départ vers le Monument aux Morts en descendant la rue Cassini, avec, en tête, la musique de la Légion et une escorte à cheval. Arrêt devant l’emplacement de la maison natale de Garibaldi sur le port de Nice.
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11h00 : Cérémonie au Monument aux Morts. Dépôt de gerbes par les associations et les autorités françaises et italiennes présentes, piquet d’honneur des équipages des marines française et italienne
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Premier dépot de gerbes par les membres de la famille de Garibaldi,
suivi du dépôt de gerbes des autorités Italiennes et Françaises.
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11h30 : Formation du cortège qui rejoint le quai de la Douane toujours précédé par la Musique de la Légion Étrangère.
12h00 : Discours du Consul Général italien suivi de celui du Sénateur-Maire de Nice et allocutions officielles.
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Monsieur le Sénateur-Maire de Nice Jacques PEYRAT
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De nombreux Niçois et Italiens se sont déplacés mardi pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Josué ou Giuseppe Garibaldi. Les personnalités politiques niçoises, départementales, régionales et transalpines ainsi que les descendants de Garibaldi ont déposés des gerbes en l’honneur du héros des deux mondes au pied de sa statue Place Garibaldi et au Monument aux Morts face à la mer.
Un cortège a rallié les deux sites avec, en tête, la musique de Légion et une escorte à cheval avec des cavaliers en costume d’époque.
Il faisait chaud à 10h Place Garibaldi. Il faisait très chaud et avec un fort vent devant le monument aux morts à 11h mais la foule s’est rendue en masse pour montrer son attachement à Josué Garibaldi, né sur le Port de Nice le 4 juillet 1807. Tout le monde se connaissait, parlait de la pluie et du beau temps, débattait sur le prénom de Garibaldi : Giusuppe, Josué, Joseph. D’autres, Place Garibaldi alimentait la polémique sur le déplacement de la statue de quelques mètres en raison du Tramway. Peu avant midi, l’heure des discours officiels a sonné. Au micro, le Sénateur Maire de Nice Jacques Peyrat. Envolées poétiques associées à des métaphores, allusions de traditions peyratiennes, ont caractérisé le discours du Sénateur Maire. « Garibaldi préférait la diplomatie des peuples à celle des cabinets. C’est un héro épique au sens sémantique du terme », lance Jacques Peyrat en comparant le périple de Garibaldi à l’Odyssée avec Nice remplaçant Ithaque. Après avoir espéré que Nissa la Bella ne soit plus un hymne local mais national, levant les yeux vers le ciel, il s’adresse à Garibaldi : « Il est un peu à Rome mais je suis persuadé qu’il est aussi à Nice. Au nom, de la Ville de Nice et du peuple de Nice, je te rends hommage et je salue avec fierté ta mémoire et ton message. »
L’hommage se poursuit toute la journée de mercredi avec l’inauguration du village franco-italien sur la Promenade des Anglais, des animations touristiques et musicales pendant tout l’après-midi à 19h un concert de l’Ensemble Orchestral et Choral des Alpes de la Mer et des Chœurs de la Vallée du Paillon au palais des congrès Acropolis, salle Apollon (entrée gratuite) et à 20h30 un bal populaire au jardin Albert 1er.
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« Je naquis le 4 juillet 1807 à Nice maritime, vers le fond du port Lympia, dans une maison sise sur le bord de mer…. » Publiant en 1872, 10 ans avant sa mort sur l’ile de Caprera en Sardaigne, ses mémoires appelées d’emblée à être un succès, Joseph Garibaldi se souvent de sa ville natale. Moins de 30 000 habitants alors. Une cité qui s’ouvre à peine au tourisme sans s’imaginer qu’elle va devenir une des capitales mondiales. Même si, avec les voyages du Suisse Sulzer (1756) et de l’Ecossais Smolett (1763), le futur site emblématique de la Côte d’Azur a déjà sa toute petite renommée internationale. Exclusivement hivernale. 500 privilégiés, souvent membres de l’aristocratie, la fréquentent. Certains commencent même à construire des villas de plaisance dans sle quartier dit « du Faubourg » sur la rive droite du Paillon enfin franchie. La Belle Epoque des grands hôtels viendra plus tard.
Né français : Bien sûr depuis la moitié du XVIII ème siècle, Nice placée de longue date sous la protection de la Maison de Savoie puis du Royaume de Piémont-Sardaigne, a son port, prévu pour 400 voiles. De quoi faire rêver le fils de Domenico, marin possédant son propre bateau avec lequel il pratique la pêche et le cabotage. La mer, toute proche ? Une source inépuisable d’inspiration pour l’infatigable voyageur, future figure de proue et icône de l’unité italienne. Mais Joseph Garibaldi naît Français, fût-ce dans une famille ligure. Depuis février 1793 le comté de Nice a été annexé par la France et le département des Alpes Maritimes a été créé. Le 28 mars 1796 Bonaparte y entreprend même la conquête du Piémont. Le 18 mai 1804, devenu Napoléon, il l’a fait terre impériale. Elle le restera encore 10 ans. Avant que la chute de « l’Aigle » ne la ramène de nouveau dans le giron du Royaume de Piémont-Sardaigne. Un balancier de l’histoire qui, on le sait, se poursuivra jusqu’en avril 1860 et le retour définitif à la France.
Deux maisons sur le port : On n’en est pas là au début du XIX ème siècle. L’essentiel de l’agglomération se concentre sur la rive gauche du fleuve, au pied de la colline du Château. Les Garibaldi occupent la maison dite Gustavin, au-dessus d’une boulangerie, depuis 1797. L’agrandissement du bassin Lympia entraîne sa démolition en 1814. Les Garibaldi déménagent alors à proximité vers la « demeure Abudarham » du nom de son propriétaire. Le jardin secret du jeune Joseph (détruite, à son tour, en 1882 pour cause de chantier portuaire et peut-être aussi de négligence. Résultat ? Pas de « musée-maison Garibaldi » à Nice.
Tout autour ? Une foule d’artisans, de marins, de boutiquiers, propre à créer une ambiance populaire et conviviale. Beaucoup d’émigrants aussi. On y parle le patois nissart. Un « petit monde » aussi sympathique que « trop étroit » pour le solitaire et rêveur Garibaldi, l’œil déjà posé sur l’au-delà de l’horizon niçois. Peu porté sur les études au grand dam de sa mère Rosa Raimondi, il s’embarque très jeune sur des bateaux. La Méditerranée, traversée de long en large, est son premier terrain d’action. Le début d’une vie d’aventure qui l’éloigne souvent de Nice. Où il séjourne notamment entre le 21 et 26 juin 1848. Le moment où Nice se découvre un héros. Qu’elle attend et fête. A 41 ans l’homme est déjà entré dans la légende avec la batille de San Antonio du côté de Montevideo.
CHEMISE ROUGE ET IDEES MAÇONNIQUES :
Parti en Amérique latine, c’est là qu’il se forgera un caractère révolutionnaire et à Montevideo qu’il s’initiera à l’engagement maçonnique.
Plus professionnelle que politique, à l’origine ! Avant d’être, en effet, emblématiquement d’un « uniforme » immédiatement connoté garibaldien, la chemise rouge a été modeste tenue vestimentaire. Celle des saladeros argentins. Soit les chevillards des abattoirs de Buenos-Aires. Des blouses très simples, d’un tissu rugueux et d’une couleur censée dissimuler le plus possible les traces de sang. Comment Joseph Garibaldi a-t-il été séduit par ce type d’habit entré ensuite dans l’histoire et même le mythe au point que cinéma et mode s’en sont emparés ?
Un lot de chemises trouvées à Montevideo : Lorsqu’en juin 1843, 7 ans après avoir débarqué à Rio-de-Janeiro, il défend Montevideo assiégée par les troupes régulières argentines, Garibaldi a bien conscience que les volontaires l’entourant doivent afficher une certaine unité vestimentaire. Son armée ? 400 hommes à vrai dire très mal habillés. Le Lot de « chemises trouvées » tombe à pic pour celui qui porte souvent un foulard ou un bonnet rouge. Voilà de l’étoffe dont seront faits aussi, outre leur courage et leurs idéaux, les partisans italiens de la jeune république uruguayenne en danger.
L’Uruguay ? Garibaldi l’aborde en 1837 en étant d’ailleurs rapidement blessé. Avant, ensuite, d’être trahi puis emprisonné et torturé par les argentins n’acceptant pas la rupture de Montevideo avec Buenos-Aires. Il finit par rejoindre la république du Rio Grande ayant, elle, fait sécession avec le Brésil. Pays où il rencontre Anita, sa future et légendaire femme. Celle qui, jusqu’à sa mort – plus tard en Italie, le 4 août 1849 alors qu’elle est enceinte de 6 mois – l’accompagnera dans tous ses héroïques combats.
Sens des contradictions : L’Amérique du Sud ? Comment ne pas penser à l’image d’un Che Guevara avant l’heure. Sauf que la guérilla que mènent Garibaldi et ses hommes est tout maritime. Sauf aussi que Garibaldi est plus maçon que marxiste. Assez inclassable, au final, ce républicain obligé d’en passer également par un compromis (déjà historique ?) avec la royauté piémontaise pour achever l’unité italienne, sa grande cause à lui. Reste ce Garibaldi à l’engagement maçonnique comme le mettent bien en lumière Isabelle Rocca et Jacqueline Dugué-Vieux dans leurs articles du « Sourgentin ».
L’homme s’y initie à Montevideo en 1844. Au point qu’en 1862 la maçonnerie italienne célèbrera en lui, non sans volonté « auto publicitaire » comme on dirait aujourd’hui « le Premier maçon d’Italie ». Garibaldi tente, en vain, d’unifier le Grand Orient d’Italie créé à Turin et le Grand Orient de rite écossais basé à Palerme. Cela dit, Garibaldi adhère à la Première Internationale en 1864. Mais, là encore, non sans nuances. Et surtout non sans y apporter sa touche personnelle. « De même que j’enverrai en prison ceux qui étudient toute leur vie durant la façon d’extorquer la subsistance des affamés pour gaver grassement les évêques, j’y enverrai aussi les archimandrites de la société en question quand ils s’obstineraient avec leurs préceptes du type la propriété, c’est le vol. »
Entre République et monarchie, lutte des classes et idéal unitaire et national, pacifisme et guerre, Garibaldi, plus homme d’action que penseur, aura navigué aussi, non sans contradictions, au fil des situations que lui offrit l’histoire de son temps. Sans toutefois d’évier du cap qu’il s’était fixé…
LA STATUE DE GARIBALDI : feuilleton de 10 ans
La « statuomanie » comme l’a appelée le grand historien Maurice Agulhon, caractérise le XIX è siècle français. Avec les fameuses Marianne symbolisant la République enfin triomphante. Quatre jours après la mort de Giuseppe Garibaldi, le 2 juin 1882, le conseil municipal de Nice crée une commission chargée d’édifier ne statue au « héros des Deux-Mondes ». Projet qui mettra près de 10 ans avant d’aboutir. Un feuilleton à la fois politique et artistique mais aussi financier comme le racontent Jean-Paul Potron et Fabrice Ospedale dans leur article de « Nice-Historique ».
A vrai dire déjà le journal « le Phare du littoral » en avait pris l’initiative dès 1880. Au nom des principaux groupes républicains locaux. Jusqu’à ce qu’Alfred Borriglione, alors réélu à la Mairie de Nice, prenne enfin le relais. D’où une floraison d’idées. Dont une statue monumentale d’Alexis Mossa qui serait juchée au sommet du château de Nice. Mais diverses contraintes et la perspective aussi d’élections municipales en 1884 retardèrent le calendrier. D’autant que se posait aussi la question : où la mettre cette statue, place Masséna ou place Garibaldi déjà baptisée ainsi ? Autre « pépin » de taille : le sculpteur Antoine Etex retenu pour réaliser l’œuvre décède en 1888. Finalement Gustave Deloye se charge de peaufiner le travail commencé dans du marbre de Carrare. De querelles esthétiques en polémiques politiques, l’inauguration a lieu, in fine, le 4 octobre 1891.
LE GENERAL TROP POPULAIRE DU RISORGIMENTO
« Ici, on fait l’Italie ou on meurt ». Le 18 mai 1860 Joseph Garibaldi, une fois de plus comme il sait le faire, exhorte ses troupes à se battre jusqu’au bout de leurs forces. La légendaire aventure des « Mille » commence. Et le feuilleton de l’unité italienne, à travers un de ses épisodes les plus emblématiques, avance de manière décisive. Mais non sans contradictions et drames. La date ? Peu après que la Toscane et l’Emilie se sont décidées, par plébiscite, à s’unir au Piémont. Le moment aussi où en soldat discipliné, Garibaldi dit « oui » à Cavour, Premier ministre piémontais. C’est qu’une insurrection populaire à Palerme vient d’être réprimée dans un bain de sang par la soldatesque du roi François II régnant sur Naples et les Deux-Siciles. Pourtant Garibaldi, amer, n’a guère digéré le troc de Nice (et de la Savoie) par la monarchie piémontaise cédant sa ville natale à la France.
Une vraie épopée :
Le lieu ? Calatafimi entre Palerme et Marsala. Où Garibaldiens et « bourboniens » s’affrontent. Les premiers – très exactement 1089 hommes y ont débarqué. Un certain colonel américain au nom appelé à rentrer dans l’histoire – Colt – leur a livré 1 000 fusils et 100 revolvers.
La bataille, très désordonnée, peut débuter. Garibaldi à l’armé pourtant bien inférieure en nombre, en sort épuisé mais vainqueur. Les foules enthousiastes lui réservent un accueil digne d’un héros. Une population qui, par ricochet, inquiète les tenants d’un Risorgimento sur une base plus monarchique que républicaine.
Garibaldi n’en poursuit pas moins son épopée sicilienne. Plus tard, le cinéma – en particulier de Visconti aux Taviani – la magnifiera. Le 20 juillet 1860, il s’empare de Messine. Dont il franchit le détroit. Une tête de pont en Calabre le conduisant jusqu’à Naples d’où le roi s’enfuit. Il ne reste plus aux Libérateurs qu’à mettre le cap sur Rome et les états pontificaux.
Trop populaire aux yeux de Cavour :
Mais là, alors que Cavour est de plus en plus préoccupé par le prestige de son chef militaire les troupes piémontaises réagissent les premières. Devenu trop gênant, Garibaldi est écarté des principales décisions. Le 21 octobre 1860, Naples, la Sicile, l’Ombrie et les Marches s’agrègent au royaume piémontais. Déçu, Garibaldi retourne à Caprera. Puis revient, un peu plus tard, à la vie politique sans renoncer à conquérir Rome et Venise, pièces toujours manquantes au puzzle italien. Rattazi, successeur de Cavour qui est mort, lui confie d’abord la mission de marcher contre l’Autriche. Mais, déjà, garibaldiens et piémontais royalistes s’opposent en mai 1862. Choc encore plus sanglant en août de la même année en Calabre. Garibaldi est blessé. Il est même enfermé à la Spezia en attendant d’être jugé. Toute l’Europe demande sa libération. Le roi Victor Emmanuel finit par signer son amnistie.
ROME, ENFIN :
La marche sur Rome ? La 1 ère guerre d’indépendance de la république romaine, en 1848-1849, avec la mort de sa femme Anita est encore intacte dans la mémoire de Garibaldi. Le jeune marin de 1833 apprenant dans un port russe de la mer Noire, l’existence du mouvement « Jeune Italie » de Mazzini, est devenu, à plus de 60 ans, un général à la renommée mondiale, parfois gênante pour certains.
D’échecs en réussites, que d’étapes franchies ! Jusqu’au dernier verrou « à faire sauter » : les Etats Pontificaux. Que Napoléon III défend bec et ongles. Il faudra qu’en France, la République succède à l’Empire – le 2 septembre 1870 – pour que tout bascule. Un mois plus tard, par plébiscite, les romains se rattachent à l’Italie. Peut s’ouvrir vraiment alors le romain de la nation italienne enfin constituée.
Citoyen de Nice et du monde, Garibaldi en aura écrit quelques-unes des plus belles pages. Sans que toutes ses idées, cependant aient voix au chapitre.
GARIBALDI « LA FORCE DU DESTIN » :
Limage d’un Garibaldi sorte de d’Artagnan des temps modernes n’est pas complètement usurpée. Avec l’arme….de la plume, Alexandre Dumas son contemporain ne s’est-il pas fait le supporter numéro 1 de l’icône de l’Unité Italienne ? De quoi, dès son vivant, entretenir le mythe d’un chef de guerre à la vie digne de celle d’un héros de roman. L’auteur des « Trois Mousquetaires » s’intéresse, en effet, dès 1850 au guérillero en lutte contre les dictateurs d’Amérique du Sud. Résultat : une livre « Montevideo ou une nouvelle Troie », propose déjà à dresser la première statue – de papier d’abord – du grand communicateur qu’était, aussi, le défenseur de la cause nationale italienne. Les statues de pierre et de marbre viendront plus tard. Près de 80 % des villes de la péninsule en comptent une aujourd’hui.
Scénario pour écrivain :
Mais c’est avec l’expédition des Mille – et sa suite, « les mémoires d’une chemise rouge » - que la rencontre Garibaldi-Dumas tourne au parfait scénario pour l’écrivain. Pas le seul à glorifier un homme, il est vrai, hors du commun. De Michelet à Victor Hugo, pour rester dans la littérature française, les louanges affluent ! Mais que serait une légende sans images ? En attendant que le cinéma, bien plus tard, ne l’immortalise à son tour, Garibaldi aimante les peintres. Et sa première photo de presse remonte à juin 1859 dans la revue « Les Guêpes » d’Alphonse Karr exilé à Nice. Tour à tour modeste et ambitieux, obéissant et indiscipliné, éternel solitaire et rebelle, quel séducteur en plus ce Garibaldi toujours prêt au sacrifice de sa personne ? Il sait les galvaniser. Foules, femmes, médias : personne ne semble vouloir lui résister. Sauf les vrais détenteurs de pouvoir. Qui s’en méfient comme la peste. Et finissent par l’éloigner des responsabilités les plus grandes.
Européen avant l’heure :
Mais au-delà du symbole et même du mythe, quel message retiendrait-on surtout aujourd’hui d’un combattant dont le testament politique s’énonçait ainsi en 1878 : « je lègue mon amour pour la liberté et la vérité et ma haine du mensonge et de la tyrannie. Quand elle le pourra et sera son propre maître, l’Italie devra proclamer la République ». Il lui faudra attendre 1945 ……
L’historien Hubert Heyriès, dans un tout récent et perspicace essai aux Editions Serre, en fait le « héros d’une Europe en quête d’identité ». Alors que le modèle européen apparaît actuellement en crise, selon ce maître de conférences à l’Université Paul-Valéry de Montpellier « Garibaldi est de ces personnages capables de raviver une conscience européenne mise à mal par des réflexes identitaires ». Reste bien sûr, à évacuer forces et faiblesses de l’action garibaldienne en Italie même. Ses prouesses guerrières, avec la mer comme théâtre privilégié, font l’unanimité. Politiquement, c’est autre chose. Même si ses marges de manœuvre ont souvent été réduites, l’incontestable patriote n’a pas été ambigu qu’avec la Maison de Savoie. Héros de la population des villes, il n’a pas très bien compris les attentes de celle des campagnes. Ni Duce ni prophète, mais tantôt trop crédule ou trop exalté, il n’aura pas témoigné en toutes circonstances de la lucidité nécessaire.
Eloignement :
Enfin, s’agissant des relations de Nice avec la France, son éloignement ne lui aura pas permis de mesurer l’attrait exercé par l’Hexagone pour le Comté de Nice. Peut-être qu’aussi ses relais familiaux et amicaux l’ont mal informé. Mais tout cela, dans la balance, pèse peut face à la « force d’un destin » digne, là, d’un opéra de Verdi.
Ceci a été écrit par Nice-Matin qui note : Cette série d’articles n’aurait pu être écrite sans les précieuses, savantes et originales publications suivantes auxquelles nous invitons nos lecteurs à se référer pour davantage d’informations et de réflexions sur Joseph Garibaldi :
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