Voici les photos prises pendant le chantier du tramway, vous trouverez plus bas les commentaires tant attendus
(il faut cliquer sur les photos pour les voir en grand)
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Un grand merci à Jean-marc S. qui a eu la gentillesse de me faire parvenir ses photos avec son coup de gueule :
La tour Pairolière
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La digue du Paillon :
Vieux-Nice Bastion Pairolière
La Porte du Pont-Vieux fortifiée
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Voici le communiqué de presse du 9 novembre 2006 de la CANCA :
Révéler le passé de la ville au grand jour :
Depuis quelques semaines maintenant, les fouilles archéologiques ont commencé dans les secteurs du boulevard Jean-Jaurès et de la place Garibaldi.
Leurs objectifs : révéler et mettre en valeur les racines de la ville de Nice.
La Communauté d’Agglomération Nice Côte d’Azur est maître d’ouvrage de ces deux chantiers et les conduits en même temps que les travaux du tramway.
La découverte de ces vestiges nous plonge dans une histoire vieille de plus de 500 ans.
Etat des découvertes à ce jour :
1. Pont-Vieux
La fouille a démarré sur les parties en excroissance vers la place Garibaldi et la place Masséna, laissant la zone centrale disponible afin de poser une passerelle reliant le boulevard Jean-Jaurès et le Vieux-Nice.
Les vestiges du pont sont apparus au nord-est avec la mise au jour du départ de la première arche sur sa face nord. Ces éléments avaient déjà été étudiés dans la phase de diagnostic en 2003 mais l’ouverture plus large de la fouille permet de trouver la suite de la chaussée du pont vers le Paillon, bizarrement située plus bas. Un arasement général dans l’axe du boulevard a dû faire disparaître les états les plus récents en laissant seulement une phase plus ancienne de construction de la chaussée.
De part et d’autre de gros murs apparaissent contre le pont ; ils sont les témoins de la reconstruction des murs de fortification de Nice qui s’opère vers 1720. Le pont est alors surmonté d’une rampe que nous restituent les vues de Nice du XVIII e siècle.
2. Porte Pairolière
La fouille n’est ici qu’à son démarrage, avec la mise en oeuvre d’une première zone de fouille sur l’emprise d’une passerelle pour les pompiers.
Les premiers vestiges apparus (mur parallèle au bastion du côté du Paillon et caniveau récent) sont révélateurs d’une conservation très haute des maçonneries sur cette partie du boulevard, correspondant à la plate-forme du bastion Saint-Sébastien.
Inscriptions commémorant la reconstruction du Pont-Vieux en 1565
Comprendre le déroulement des fouilles :
1. les repères historiques
L’Antiquité
III e siècle avant J-C : Fondation de Nice qui reste possession massaliète pendant toute la période.
Le Moyen-Age :
An Mille : Développement de Nice avec la reconquête de la Provence par le comte Guillaume.
1388 : Nice se donne au comte de Savoie.
L’époque moderne
1543 : Nice est assiégée et prise par les Français alliés aux Turcs.
1559 : Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, récupère l’ensemble de ses états (Savoie, «comté» de Nice et Piémont). En 1563, la capitale est transférée de Chambéry à Turin et la langue italienne supplante le français dans l’administration.
1691 et 1705 : Louis XIV assiège Nice par deux fois.
1706 : Louis XIV décide la destruction totale du château et de la fortification de la ville.
1713 : Le traité d’Utrecht rend le contrôle de Nice au duc de Savoie.
1792 : Nice est annexé par la France.
1814 : Le régime sarde reprend ensuite le contrôle du territoire.
1860 : Référendum au cours duquel Nice et la Savoie décident de devenir français.
Le Pont-Vieux en 1900.
24 août 2001 : signature d’une convention entre l’État, la ville de Nice et l’Afan pour la réalisation d’une étude documentaire.
25 octobre 2002 : arrêté de prescription de diagnostic archéologique.
Octobre 2003 - février 2004 : réalisation du diagnostic archéologique.
5 mai 2004 : arrêté de prescription de fouille archéologique (site «Pont-Vieux»).
2 juillet 2004 : arrêté de prescription de fouille archéologique (site «Toja-place Garibaldi»).
27 avril 2006 : notification du marché de fouilles à l’Inrap.
En desservant le coeur historique de la ville de Nice, l’aménagement du tramway était susceptible de rencontrer de nombreux vestiges archéologiques.
C’est pourquoi, dès l’origine du projet, la Direction Régionale des Affaires Culturelles (Service Régional de l’Archéologie) et la ville de Nice puis la Communauté d’Agglomération Nice Côte d’Azur (CANCA), maître d’ouvrage du tramway, ont pris les dispositions nécessaires à la protection du patrimoine archéologique.
3. se documenter, expertiser le sous-sol, puis fouiller :
* Etape 1 : Se documenter :
Confiée à l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (Afan*), l’étude documentaire a permis de faire un premier point sur les connaissances archéologiques de Nice et de mieux envisager l’évolution de la ville et de ses sous-sols depuis la Préhistoire (remontée du niveau de la mer, remplissage des vallons par érosion des collines…).
*Devenue aujourd’hui l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap)
Vue de Nice vers 1782 peint par J. Cignaroli.
* Etape 2 : Expertiser le sous-sol
Sur cette base, le préfet de région a prescrit un diagnostic archéologique en deux phases, mis en oeuvre par l’Inrap :
- Une campagne de douze carottages géomorphologiques dans la vallée Saint-Barthélemy et dans celle du Paillon afin de comprendre les grandes lignes de l’évolution du paysage et de l’implantation humain depuis la Préhistoire.
* Etape 3 : Fouiller
Les tranchées ont mis au jour une série de vestiges dont les plus importants sont apparus au niveau de l’escalier de la rue du Pont-Vieux et entre le square Toja et la place Garibaldi. Au vu de leur importance, le préfet de région a pris des arrêtés de fouille sur ces deux emplacements, sur une profondeur totale de 6 m. Ce marché a été attribué à l’Inrap, sous la direction de l’archéologue de la ville de Nice, mis à disposition de la CANCA.
Détail de la vue de Balduino : le bastion Saint-Sébastien.
Les deux fouilles sont de forme et de dimensions très différentes : celle du Pont-Vieux en forme de croix, fait environ 230 m² ; la seconde fouille de la Porte Pairolière, de 2000 m2, est dans l’emprise du boulevard Jean Jaurès et s’élargit vers le nord au débouché de la place Garibaldi.
L’ampleur de la fouille Porte Pairolière implique un traitement particulier. La qualité des vestiges et la nécessité de minimiser la durée de la fouille ont conduit à privilégier la solution d’une «boîte» limitée par des parois moulées. Après une fouille de quatre mois à l’air libre, la création d’une dalle en surface puis la réalisation de la plate-forme du tramway permettront sa mise en service, tout en poursuivant les interventions archéologiques en sous-oeuvre. À terme, les vestiges ainsi conservés pourraient être restaurés et mis en valeur.
Sur le site de la Porte Pairolière, les entreprises vont d’abord réaliser une paroi moulée autour des vestiges. Les ouvriers descendent ensuite des armatures pour consolider la paroi. Après 4 mois de fouille à l’air libre, cette paroi sera recouverte par une dalle de béton créant ainsi une grande salle souterraine dans laquelle les archéologues porront travailler.
Sur le site du Pont-Vieux, la fouille est moins importante. Pendant les fouilles, le talus sera tenu par un blindage métallique.
Quels trésors historiques pouvons-nous trouver ?
Le premier pont de Nice :
D’abord en bois puis en pierre, le pont Saint-Antoine joue un rôle important pour le commerce, les revenus et la défense de la ville. Plusieurs fois détruit, toujours reconstruit, il a connu près de 700 ans de l’histoire niçoise.
Bien que de nos jours le Paillon ait pratiquement complètement disparu du paysage urbain, ce fleuve a été pendant longtemps une source de préoccupation pour les Niçois.
Son régime torrentiel a causé de nombreux débordements, parfois violents. Le pont Saint-Antoine, également appelé Pont-Vieux, a constitué le seul ouvrage de franchissement du fleuve du Moyen Âge au début du XIXème siècle.
Le Pont Vieux vers 1610.
Mentionné dès 1250 par les textes d’archives, le pont est signalé en pierre au début du siècle suivant. Il doit son nom à l’hôpital Saint-Antoine installé dans le faubourg qui l’entourait.
Au XVIème siècle, des crues importantes occasionnent des dommages conséquents au pont. S’ensuivent des reconstructions attestées par des inscriptions. Par ailleurs, le siège de Nice en 1543 par les Français et les Turcs entraîne la destruction de deux arches, reconstruites en 1545. Il est probable qu’il s’agisse des vestiges découverts.
La fortification autour de la porte Pairolière
La tour Pairolière joue un rôle stratégique dans la défense de l’entrée de la ville. Pour s’adapter aux progrès de l’artillerie, elle a été englobée dans un bastion. Ici plusieurs combats pour la liberté de Nice se sont joués.
C’est la plus importante des trois portes qui permettaient de sortir de Nice. Mentionnée dès le début du XIVème siècle, sa configuration est méconnue jusqu’au XVIème siècle. Toutefois une vue de détail d’un retable de Louis Bréa semble en donner la représentation en 1516 : une porte surmontée d’un corps de garde jouxte une tour circulaire ; l’ensemble est longé par un fossé que franchit un pont-levis. Au XVIème siècle, l’évolution de l’artillerie nécessite de renforcer la fortification de la ville. La porte est alors protégée par un bastion en forme d’as de pique qui prend le nom de la chapelle Saint-Sébastien voisine.
A la fin du XVIIème siècle, on décide de doubler la face nord de la ville d’un fossé. En 1706, après avoir pris Nice et son château pour la deuxième fois, Louis XIV décide le démantèlement de la fortification et du château. L’entreprise de démolition concerne surtout les bastions. Une nouvelle histoire du site commence. Des travaux s’engagent pour aménager cette zone qui relie la vieille ville et le nouveau port. Ce n’est qu’en 1782 que l’actuelle place Garibaldi voit le jour.
Détail d'un retable de L Bréa
A la demande de certains d'entre vous qui sont très interessés par ce sujet et avec l'aide de Jean-Marc S. nous avons voulu vous donner un aperçu des fouilles avec un peu d'histoire
J'en profite pour remercier Jean-Marc S. pour la gentillesse qu'il a eu envers ce site.
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